La hausse des carburants ravive les tensions dans la filière du gaz butane. L’Association professionnelle des dépositaires grossistes et distributeurs estime que les coûts d’exploitation supportés par ses adhérents deviennent de plus en plus difficiles à absorber dans le cadre des marges actuellement réglementées.
Le principal point de pression reste le transport. Avec un prix du gasoil en hausse au début du mois de novembre, de plusieurs dizaines de centimes jusqu’à près d’un dirham par litre selon les réseaux, les tournées de livraison deviennent plus coûteuses pour une activité qui repose quotidiennement sur une flotte de camions.
Des charges qui s’accumulent
Pour les professionnels, la facture ne se limite pas au carburant. Salaires, entretien des véhicules, maintenance des équipements, fonctionnement des dépôts et frais logistiques viennent s’ajouter aux dépenses courantes.
Mohamed Benjelloun, président de l’association, estime que cette accumulation pèse directement sur la trésorerie des distributeurs et réduit leur marge de manœuvre. Certaines entreprises pourraient ainsi rencontrer des difficultés à maintenir le même rythme de livraison, notamment lorsque les distances à parcourir sont importantes.
Les distributeurs réclament donc deux mesures possibles : une revalorisation de leurs marges ou la mise en place d’un soutien temporaire pour compenser une partie du surcoût lié aux carburants.
Un ajustement jugé insuffisant
Une partie des marges réglementées avait déjà été revue à la hausse en juin dernier. Les professionnels considèrent toutefois que cet ajustement ne permet plus de suivre l’évolution des charges supportées depuis.
Ils appellent désormais les pouvoirs publics et les principaux opérateurs de la filière à trouver une solution avant que les tensions financières ne se traduisent par des perturbations sur le terrain.
L’enjeu est d’autant plus sensible que le gaz butane reste largement utilisé par les ménages, notamment dans les zones où les alternatives énergétiques demeurent limitées.
La subvention du butane ne couvre pas les coûts de distribution
Le prix de la bouteille reste soutenu par le mécanisme de compensation. Selon les données accompagnant le projet de loi de finances 2027, l’aide publique moyenne accordée à une bouteille de 12 kg a atteint 61,79 dirhams entre janvier et août 2026, en hausse sur un an.
Ce soutien permet de limiter le prix payé par le consommateur, mais il ne règle pas, selon les distributeurs, la question de leurs propres coûts d’exploitation.
Le problème est particulièrement marqué dans les zones rurales ou éloignées, où les distances, l’état des routes et la dispersion des points de vente augmentent le coût de chaque tournée.
Les professionnels alertent ainsi sur un risque de fragilisation progressive du maillon logistique. Leur revendication porte désormais sur l’équilibre économique de la distribution, afin d’éviter que la hausse des charges ne finisse par perturber l’approvisionnement des commerces et des ménages.


